Vers une peausserie toujours plus éthique et durable : les 4 engagements de la filière cuir française

 

Dans la question d’une mode plus éthique et durable, le cuir occupe une place centrale. 

Si le cuir bénéficie d’une image de qualité, critère constitutif de la mode éthique, le travail mis en place depuis la fin des années 70, pour une peausserie plus éthique et durable, reste relativement méconnu du grand public.

Le savoir-faire autour de l’artisanat du cuir et du travail des peaux s’est développé et la R&D a permis à notre industrie de prendre un tournant plus responsable. 

Le 19 janvier dernier, le Conseil National du Cuir publiait son second livre-blanc qui rend compte de l’implication de la filière du cuir française dans les questions sociales et environnementales. Ces nouveaux objectifs posent des exigences sur la manière dont est travaillé le cuir, de l’abattage de l’animal à la transformation en cuir

Voici 4 engagements de la filière pour garantir une peausserie plus éthique et durable

 

1 – Un impact sur l’environnement réduit

Depuis la première loi sur l’installation classées pour protection de l’environnement (ICPE) en juillet 1976, les réglementations françaises et européennes n’ont cessé de se durcir. Ce cadre réglementaire a permis aux tanneurs et mégissiers de mettre en place des systèmes d’épuration d’eau et de protection de l’air.  Sur ces points la filière du cuir a été précurseur. Cependant, les acteurs du cuir restent vigilant et mettent un point d’honneur à faire évoluer leur politique RSE.

« Nous croyons à la RSE et nous faisons de la RSE au maximum ! L’épuration de l’eau, problème n°1 de la tannerie mégisserie, est optimale chez Raynaud Jeune, grâce à une nouvelle station d’épuration mise en circulation il y a 5 ans, amenant à des rendements jusqu’à 97%. Nous recyclons 95% de nos déchets. En raison de l’absence de chrome dans notre tannage, nous les transformons en engrais, en compost et en cuir recyclé. Les émissions que nous rejetons dans l’air sont aussi très largement réduites. Nous avons supprimé le fuel lourd que nous avons remplacé par des distillats d’essence de pins, matériau naturel que nous sourçons auprès d’entreprises locales, exemple d’action d’économie circulaire. Grâce à la RSE, nous fidélisons beaucoup de clients. » explique Olivier Raynaud, Entreprise Raynaud Jeune dans les pages du livre blanc CNC 2019.

 

2 – Prêter une grande attention à la traçabilité 

Lorsque l’on parle de traçabilité, il s’agit de comprendre d’où viennent les peaux qui seront par la suite travaillées pour être transformées en cuir tel que nous le voyons sur les chaussures ou accessoires de mode. 

Le Conseil National du Cuir pousse à une traçabilité totale des pièces en cuir en France et à l’étranger grâce à un marquage laser breveté par le CTC qui permettrait de suivre de nombreuses informations relatives au cycle de vie de chaque cuir tout au long de la chaîne de production. 

Si certains pays producteurs de cuirs échappent encore à la récente réglementation internationale, la plupart des peausseries font désormais preuve de plus de transparence. D’un point de vue environnemental, elles sont obligées de rendre des comptes, notamment en ce qui concerne le traitement des eaux usées. 

Pour une marque éthique, un sourcing efficace peut demander d’opérer des visites dans le pays de production. Il peut également s’agir de choisir de transformer le cuir là où il a été prélevé. 

La transformation du cuir, c’est précisément ce que l’on nomme le tannage. Et là également, de nouveaux critères émergent pour permettre d’évaluer l’éco-responsabilité du processus. 

 

3 – Des méthodes de tannage optimisées et sécurisées pour le consommateur

Le tannage du cuir impose un traitement de la peau afin de modifier son aspect pour la rendre plus résistante, imperméable et esthétique. Il existe deux moyens de tanner une peau le tannage végétal  ou minéral.  

Le tannage minéral ou dit au chrome, utilise le sulfate de chrome, on peut le trouver dans la nature sous forme d’oligo-élément, n’est pas dangereux. 

Le chrome 6 qui est allergène par voie cutanée, n’est jamais utilisé en tannerie ni retrouvé dans leurs effluents. Il peut en revanche parfois se former dans le cuir par oxydation du chrome 3, un peu comme du fer peut rouiller. La présence de chrome 6 dans un cuir en contact avec la peau risque de provoquer des allergies cutanées. C’est pour cette raison que l’industrie de la tannerie est très encadrée et veille à ce que tout cuir respecte les contraintes règlementaires en vigueur. Cette technique est largement utilisée pour son rendu résistant, souple et son coût.

Le tannage végétal est l’un des procédés les plus vieux au monde. Si le processus était long, il fallait parfois jusqu’à deux ans pour tanner certaines peaux, les temps de trempe ont considérablement été réduit : 24 à 48 heures suffisent aujourd’hui.  Le tannage végétal est réalisé à partir de plantes, telle que le mimosa. Cette technique amène à une fausse appellation de “cuir végétal”, à ne pas confondre avec les fibres végétales (comme Pinatex).

Les cuirs tannés avec des végétaux ont certaines particularités : plus rigides et fermes ce qui en fait une matière idéale pour le moulage ou la bagagerie. Les peausseries tannées aux végétaux avaient aussi la particularité d’avoir des palettes de couleurs moins attrayantes que celles des cuirs tannés aux minéraux. Grâce aux avancées de nouveaux entrants dans le secteur comme Ictyos avec son cuir marin, le tannage végétal reprend des couleurs et a de beaux jours devant lui. 

En peausserie, le choix d’une démarche plus éthique et durable peut entraîner des coûts plus élevés dont il vaut mieux avoir conscience avant de se lancer. 

 

4 – Le gage de la qualité pour une plus grande durabilité 

Le cuir est une matière naturelle dont le travail artisanal renvoie à une image de qualité, voire de luxe. En ce point, il correspond donc tout à fait à l’une des valeurs de la mode éthique et responsable : celle de consommer moins, pour consommer mieux

En faisant le choix d’un sac à main en cuir intemporel, par exemple, une consommatrice peut tout à fait être dans une démarche éthique, si elle est amenée à garder (et à utiliser !) son sac pendant une vingtaine d’années. 

Les marques qui proposent des collections en cuir doivent donc répondre à une exigence de qualité de plus en plus croissante. En effet, sur le long terme, le critère de la qualité aura un impact considérable sur la durabilité de l’objet en cuir, qui pourra alors traverser les époques. 

 

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